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« J'espère que ça vous a plu »

Vendredi soir, nous assistions à la sortie des bleus, portant pourtant l'espoir avec hamburgers et frites françaises. La soirée était tout de même sympathique et devait durer un peu, tant et si bien que nous ne nous réveillions qu'à 13 heures passées. Baptiste, qui fait des efforts pour être anticonformiste, n'a pas été patriote. Du coup, il a découvert un nouveau plat indien, le Masala Vala.

Samedi, le temps était parfait pour une visite de Pondichéry. La courte après-midi qu'il nous restait après la confection et dégustation d'un riz basmati au lait nous a bien relaxé. Les rues sont calmes, étonnamment, nous flannons autour des mosquées et églises qui croisent notre chemin. Le jardin botanique, au Sud de la ville, accueille quelques singes aux entrées. Ils viennent se repêtre des poubelles du marché. Le jardin était en partie en travaux, ou semblait l'être, et nous suivions des allées arborées d'espèces étranges et finalement très exotiques.

Notre petit tour, tout de même planifié, empruntait le bord de mer. L'avenue Goubert, privée de pneus et de pots d'échappement, se déroule le long de la mer. Sur notre gauche le soleil se couchait, plongeant dans l'ombre de grands bâtiments blancs, héritage des architectes français.

La nuit tombée, nous arrivions au temple Sri Manakula Vinayakar, dédié à Ganesh. J'ai raté la photo de peu quand Jules s'est fait bénir par l'éléphant à l'entrée. L'intérieur est très coloré : une immense fresque parcourt les murs. Elle conte les aventures de Ganesh, le fils de Shiva devenu éléphant après que celui-ci l'ait décapité (la légende demande approfondissement !). Des fidèles saluent les statues des divinités, certains d'entre eux se prosternent à plat ventre en entrant.

Près du temple se trouve un immense marché, ville dans la ville, couvert de ci de là, poissons et mouches s'y rencontrent, rejoints par cafards et poulets. C'est sale et vivant. Et encore, nous n'y étions qu'à l'ouverture, autrement dit en heure creuse. Nous y dégotons chemises et pantalons, en négociant comme des manches. Le négoce est une position délicate. D'un côté, même sans négocier les prix sont très bas quand on compte en euros. D'un autre côté, accepter le triple du prix normal ou acheter à tout va relève presque du manque de respect. Le vendeur a bien senti que nous apprécions ses textiles et n'a pas bougé d'un pouce : Last price était son expression préférée, péremptoire.

La ville est assez petite tout compte fait, mais il nous faudra une autre visite pour découvrir les deux temples au Nord, l'Ashram de Sri Aurobindo et son jardin, et une expo photo recommandée par Vladlen.

C'est d'ailleurs Vladlen qui a été notre guide dimanche. Il nous a invité à passer la journée chez lui, sur la plage Sérénité. Nahid, sa voisine que nous avions rencontré dans la semaine, s'est jointe à nous, ainsi qu'un autre voisin français, Arnaud. Nous avons préparé tous ensemble un repas mirifique (pour le moins), Nahid aux commandes et les autres petites mains. C'était vraiment délicieux : beignets d'oignon, aubergines et pommes de terre frites, un curry maison et chapatis, sorte de galettes cuites à même la gazinière.

Nahid nous a ensuite conduits dans un endroit presque secret, une carrière abandonnée offrant de grandes piscines naturelles. Pour y accéder, il faut s'aventurer sur un chemin de campagne très accidenté, avec plus de trous et de bosses que de plat, comme pour protéger le cadre incroyable que nous découvrons. Il y a peu d'arbres mais une certaine fraîcheur s'impose, l'eau est claire et chauffée par le soleil, ardent dès 10 heures. Ce dernier se couchant, nous repartons avec notre rikcho et son chauffeur bien patient. La campagne s'endort, et nous avec si le chauffeur avait choisi de se passer de musique. Heureusement, elle est très bonne et ne rend le voyage que meilleur. Les trois motos de nos amis nous suivent ou nous dépassent, le rikcho est à fond la caisse, littéralement. Nous traversons des villages dont les habitants nous regardent stupéfaits, des troupeaux de chèvres pas moins étonnées de devoir laisser la route à un imposant trois roues, et enfin les portes de Pondichéry. Avant de nous quitter, Vladlen nous demande : « J'espère que ça vous a plu ». Le sourire ne nous a pas quitté depuis.

Le soir même, nous rencontrons Victor et Fédérica, nos premiers voisins avec qui il faudra désormais, bon gré mal gré, partager nos deux terrasses. Leur sympathie les sauvera, et nous irons même jusqu'à leur distiller quelques recommandations au cours du repas.

Difficile de croire que tout cela s'est passé en un seul week-end. Le temps indien semble se vivre sereinement, et en même temps chaque instant brûle entre nos mains. Théo nous avait prévenu, ça passe très vite : déjà une semaine.

Merci de nous lire :)

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